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création
2005 au TJP - CDN d'Alsace |
MACBETH
ou "les contaminés par la mort" [Jan Kott]
C’est un voyage à l’intérieur de la tête
d’un homme, « la tête de l’usurpateur ».
Cet homme, c’est Macbeth, corrompu par la prophétie des sorcières
qui le mettent face à la tentation du mal. Lady Macbeth le pousse
dans cette voie qui est le début de son chemin dans le crime.
Ensemble, Macbeth et Lady Macbeth mettent le Mal au monde sur la scène
d’un sanglant théâtre d’ombres, noyé par
la nuit, les cauchemars et les trahisons. C’est l’avènement,
sur une terre déjà labourée par le christianisme,
d’un temps de fièvres, d’un chaos gigantesque, célébré
par les noces du crime, du pouvoir et de la perversité.
C’est l’histoire d’une tentation et d’une chute.
Entre-temps, Macbeth règnera comme un soleil noir sur un monde
de ténèbres. Le régicide perpétré par
Macbeth a tué le sommeil. La nuit, dans laquelle baigne la pièce,
ne coud plus les paupières.
C’est un monde marqué par le sceau d’une Nature omniprésente,
écho des catastrophes humaines, un monde où se côtoient
les vivants et les fantômes : à l’instant de la mort
de Duncan, la terre tremble, une éclipse se produit, des chevaux
s’entredévorent.
C’est une histoire de revenants. Quand il passa le pont, les fantômes
vinrent à sa rencontre… Un gué, passage entre les
vivants et les morts.
JF
Matignon
L’une
des fonctions indéniables de l’art trouve son origine dans
l’idée de la connaissance, où l’impression reçue
se manifeste comme un bouleversement, comme une catharsis. (Andreï
Tarkovski)
Là , dans la nuit du théâtre, qui est la meilleure
nuit pour les hommes, la plus opaque, la plus apaisante (de toutes ses
paix fictives de tous ses fantômes d’amants réconciliés)
- aussi la plus effrayante (de toutes ses guerres, de toutes ses ombres
transpercées, brisées, lacérées, violées,
chues et dont si peu nous apprenons).
(Didier-Georges Gabily - Gibiers du temps)
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