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création
2006 |
LE
TOUR D'ECROU
d’après Henry James
- Création en mars 2006
au Pot
au Noir à Rivoiranche (Isère)
puis présenté en septembre
2006,
dans le cadre de la Fête à Rivoiranche.
- Du
2 au 6 mai 2006,
représentations au Théâtre
des Halles (Avignon)
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Du
14 au 25
juillet 2006
à l'Entrepôt à Avignon
-
Du
6 au 10 novembre 2007
à la MC2
(Grenoble)
-
Le 5 février 2008 au
Théâtre
le Cadran à Briançon
avec
Camille Carraz, Michèle Dorlhac, Sophie Mangin, Isabelle Provendier,
Sophie Vaude.
Mise en scène, adaptation et scénographie : Jean-François
Matignon
Collaboration artistique, formes et peintures : Natalie Lamotte
Costumes : Gérard-Gustave et Lola Chambon
assistés de Kim (Consulat - Grenoble)
Musiques : Gustav Malher, GodSpeedYouBlackEmperor
Construction : Sylvain Audemard
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Pour
un théâtre non illustratif
Lire également l'article de Nadine EPRON
en cliquant sur le lien ci-dessous
(La
Revue Mouvement 30/01/2008)
1.
D’abord, il y a cette phrase d’Henry James : C’est l’art
qui fait la vie, et la forme seule qui sauve les œuvres d’art.
Il y a aussi cette phrase de Jean-Luc Godard, souvent lue et mûrie
à l’aube d’un nouveau projet : La représentation
console de ce que la vie est difficile, mais la vie console de ce que
la représentation n’est qu’une ombre.
J’y vois, l’ébauche du dessin général
d’une vision de la vie : la fiction - l’œuvre - comme
image d’un abri commun, un lieu de consolation (Shelter from
the storm, le si beau titre de Bob Dylan).
Le Tour d’écrou débute autour d’un
foyer, d’un âtre où brûle un feu. C’est
là que naît le récit.
2.
Dans le roman de James, il y a une succession de récits enchâssés
les uns dans les autres (comme des cadres). Il y a la parole « imprimée
» (le récit du narrateur, le récit de Douglas), il
y a l’écrit (le journal de la gouvernante), il y a deux vocabulaires
pour un récit construit en cascades. Le travail au plateau devra
composer avec cette complexité.
3.
Dans le roman, il y a les faits (du moins ce que l’on en sait grâce
au récit de la gouvernante narratrice), et cette question qui naît
aussitôt : les Autres, ces spectres qui semblent vouloir prendre
possession des enfants, sont-ils réels, ou bien sont-ils le produit
de l’imagination de la gouvernante ?
4.
Le travail au plateau : un montage de fragments, comme des bribes de langues
étrangères assemblées suivant une règle du
jeu qui serait l’intuition sensible. Paroles « imprimées
», extraits du journal, incarnations des figures de l’histoire
(la jeune gouvernante ; Flora et Miles, les enfants « corrompus
», scrutés par le regard des adultes ; Miss Grose ; Peter
Quint le « corrupteur » et Miss Jessel, les Autres ; l’oncle
absent et fantasmé). Des pantins en bois. Des objets épars.
5.
Autre vocabulaire en jeu : celui de la peinture.
"Je comprends mon travail comme l’expression d’une violence
omniprésente. C’est cette violence qui nourrit mon travail,
pour dire «ce moment de l’intérieur» qui va s’arracher
du corps et se structurer sur la toile." (Natalie Lamotte)
6.
Une question de points de vue et d’axes de regards : lorsque la
gouvernante voit Quint en haut de la tour, elle est en contrebas ; lorsqu’elle
le voit derrière la vitre du salon, il y a cet obstacle de verre
entre eux. Lorsque la gouvernante voit Miss Jessel dans le parc, entre
elles deux il y a le lac ; Flora, troisième côté de
ce triangle dramatique leur tourne le dos. A chaque fois, une géométrie
implacable qui dessine un entrelacs infernal de rapports de force.
7.
Au plateau, cinq actrices pour sonder les phobies en jeu dans l’histoire
- phobies profondément enracinées dans la nature humaine
- pour explorer cet entrelacs de pulsions en plaçant le travail
sous le signe de la féminité, une féminité
aux multiples visages pour fouiller ces deux hypothèses : le choc
poétique de la rencontre avec les fantômes, et l’hystérie
de la gouvernante avec ses conséquences destructrices.
"C’est toujours cela que j’ai voulu donner sur scène
: faire voir la force violente des idées, comme elles ploient et
tourmentent les corps." (Antoine Vitez)
8.
La langue : une navigation au gré des différentes traductions
pour commencer, puis un retour au texte original en anglais pour se forger
notre outil.
9.
Il ne faudra pas oublier - mais le contraire sera forcément difficile
- que ce travail sera répété dans un lieu en pleine
nature, le Trièves en Isère, à proximité d’un
château qui pourrait ressembler à Bly, la demeure où
se déroule Le Tour d’écrou.
10.
Au début de tout - et pour finir - il y a la musique de Gustav
Malher, les Kindertotenlieder.
JF
Matignon
Novembre 2005
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"
L'ombre m'ouvre les yeux,
Et le rapprochement de l'invisible au fond du jour,
L'invasion de cendre au fond de moi victorieuse,
Insolente, féroce, ne me font pas taire,
Me dictent de nouveaux propos en désespoir
De cause, et je tâtonne entre les anciens mots,
Parmi les ruines des anciens vers
Ah ! sans que rien ne me soutienne ni me guide
Que la puissance de l'erreur,
Qu'une ombre taciturne et ne portant pas de lampe."
Philippe Jacottet
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