création 2006 / 2007

IMPRECATION CALME, FRAGMENTS

Imprécation calme, fragments
Textes de Didier-Georges Gabily
Avec Jean-Marie Boëglin, Mathieu Boisliveau, Samia Mendil, Isabelle Provendier, Alexis Schweitzer
Mise en scène : Jean-François Matignon
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Dire, avant tout, la joie d’être au plateau les passeurs du verbe de Didier-Georges Gabily. Pour la seconde fois. La première, c’était en 1999, à la Fonderie au Mans chez François Tanguy, puis au Festival d’Avignon à l’invitation de Bernard Faivre d’Arcier, avec la création de Lalla (ou la Terreur).

Aujourd’hui, il y a Imprécation calme, fragments, qui est une déambulation sensible composée d’extraits de Gibiers du temps, de TDM3, de Lalla (ou la Terreur), de Cadavres, si on veut et de Corps du délit. S’y dessine un territoire singulier, baigné d’une intranquillité permanente face au monde, où s’entendent les paroles d’êtres en marge – certains, « tombés » malgré eux (U., sorte d’Ulysse contemporain dans TDM3); d’autres, vivant là où on ne parle pas (Marguerite Laënnec dans Lalla).
Y résonne aussi un amour irréductible du théâtre, du plateau de théâtre – « a shelter from the storm », comme l’a dit Bob Dylan.
Il n’est pas anodin de donner à entendre ces textes aujourd’hui, dans une France de moins en moins encline à la solidarité, et si peu généreuse avec les exclus qu’elle produit.

La langue de Gabily est foisonnante, généreuse, enivrante, bouleversante. Elle happe et ne lâche pas. Elle accompagne comme un viatique sur la route de la vie. Elle est exigeante, rugueuse mais avant tout sensible. Elle est poésie.

Il y a 5 acteurs au plateau : Jean-Marie Boëglin, Mathieu Boisliveau, Samia Mendil, Isabelle Provendier, Alexis Schweitzer. 4 jeunes gens, 1 homme âgé. Une histoire de transmission, aussi.
Peu de mobilier - une table et des chaises - des journaux, du vin, des fleurs.

Et dire, pour finir, combien les hypothèses d’aventures devenues ensuite les histoires de nos vies, que nous bricolions il y a plus de vingt ans avec Didier et d’autres, sont capitales aujourd’hui dans notre affirmation obstinée d’envisager le théâtre comme art.

Jean-François Matignon
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« Imprécation calme, fragments » est composé de :
- GIBIERS DU TEMPS (un extrait de la « Deuxième époque : Voix – Fragments d’Oracle »),
- TDM 3 (un extrait d’un monologue de U),
- CADAVRES, SI ON VEUT (un extrait de cet article publié dans Libération en 1994),
- LALLA (OU LA TERREUR) (« Prologue. Sur le théâtre »),
- CORPS DU DELIT (un extrait du texte).

CADAVRES, SI ON VEUT et CORPS DU DELIT sont publiés dans le recueil intitulé A TOUT VA.
GIBIERS DU TEMPS, TDM 3, LALLA (OU LA TERREUR) et A TOUT VA sont publiés chez Actes Sud – Papiers.
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Imprécation calme, fragments
Extraits

« Ils sont là, devant, ceux que tu ne connais pas, ou peu. Ils sont là, derrière, ceux que tu affirmes connaître mieux. Là, dans la nuit du théâtre qui est la meilleure nuit pour les hommes,
la plus opaque, la plus apaisante (de toutes ses paix fictives, de tous ses fantômes d’amants réconciliés) – aussi la plus effrayante (de toutes ses guerres, de toutes ses ombres transpercées, brisées, lacérées, violées, chues et dont si peu nous apprenons). »
Gibiers du temps

« j’ai des plaies, j’ai de vraies plaies, de disparition, d’ingurgitation, de purgatoire, je peux
les-vous montrer je vous les montre si tu veux
j’allonge rien, j’invente pas
peu
je les montre, les ces plaies que j’ai, pas de problème, je me suis digéré et j’ai des plaies qui prouvent que je me suis digéré et ceux d’avec moi avec, tous ceux-là, depuis longtemps mais si tu ne veux pas je ne te les montre pas, j’ai l’habitude… »
TDM3

« Et ce qu’ils nomment « théâtre », redisons-le, répétons-le, ne représente le plus souvent qu’une usurpation de titre, avec les moyens et les forces adéquates : un titre générique qui dit
le « spectacle » pour le « théâtre », c’est à dire, le spectacle comme ils l’imposent contre le théâtre comme nous voudrions l’entendre et le voir. Le lieu consensuel du spectacle contre l’idée de l’art du théâtre, qui est une friction… »
Cadavres, si on veut

« Si seulement c’était possible que ça se taise là dans ma tête si seulement c’était dieu possible que ça s’arrête là si c’était seulement possible que ça se taise là juste un moment si c’était possible dans ma caboche que ça se taise aussi là j’aimerais bien. Vraiment. Là. Parce que d’abord j’étais couchée là. Là, j’étais couchée, là, dans la prison des gendarmes et pas dans celle des femmes à toujours m’insulter me tirer les cheveux les claques. »
Lalla (ou la Terreur)

« Voici les faits. Ecris pour le ciel changeant, me dis-je, écris pour tous ceux qui passent sous le ciel, les ombres et les hommes ; écris là où tu te tiens, regardant les roses et les pierres »
Corps du délit

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Œuvres publiées de Didier-Georges Gabily
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- 1988 : Physiologie d’un accouplement (roman)
- 1990 : Couvre-feux (récit)
- 1991 : Violences (théâtre)
- 1992 : L’Au-delà (roman)
- 1992 : Chimères et autres bestioles (théâtre)
- 1993 : Enfonçures (théâtre)
- 1995 : Gibiers du temps (théâtre)
- 1996 : TDM3 (théâtre)
- 1996 : Contention (théâtre)
- 1998 : Lalla (ou la Terreur) (théâtre-roman)
- 2002 : A tout va (journal)
- 2006 : Ossia (théâtre)

Tous ces textes sont publiés chez Actes Sud.